Cécile Canut

Professeure à l'Université Paris Descartes

Cécile Canut est réalisatrice de documentaires et professeure à l’université Paris Descartes en sciences du langage. Spécialiste des questions de sociolinguistique, elle a travaillé longtemps sur les terrains maliens et cap-verdiens. Elle poursuit actuellement un travail « anthropofilmique », selon son terme, en Bulgarie dans un quartier-ghetto rom où elle se rend depuis 2006. Ses films — en lien ou pas avec sa recherche— s’inscrivent dans une approche co-constructive avec ses interlocutrices et interlocuteurs, toujours partis prenante de la réalisation des films. Elle a ainsi traduit et préfacé les textes de Stefka Stefanova Nikolova, La vie d’une femme rom (tsigane), publié aux éditions Petra accompagné d’un film court Le voyage d’une femme tsigane. Récemment, elle a obtenu la bourse Brouillon d’un rêve de la SCAM pour le film L’île des femmes (Ilia di mudjer), réalisé dans le cadre de l’ANR Miprimo (La migration prise aux mots). 

FILMOGRAPHIE     

2014    Auteur-réalisateur du film Ilia di mudjer, L’île des femmes, documentaire de création (53’) Ja, jeune femme de Cabral, n’est pas partie « chercher sa vie » ailleurs comme tant d’autres au Cap-Vert. Elle n’est jamais sortie de son village. Ja décide de faire le tour de son île, à la rencontre de femmes qui s’adonnent comme elle à l’étonnante pratique musicale du batuke. Au cours du périple, nous découvrons « celles qui restent » et qui surmontent ensemble, à travers cette expression, la rudesse et l’acuité de la séparation. Ce film a obtenue la bourse Brouillon d’un rêve de la SCAM.

2012    Auteur-réalisateur du film Mélé, documentaire de création(20’). Le 27 juillet 2004, Mélé disparaissait en pleine jeunesse, laissant son entourage inconsolable. Le deuil, aussi long soit-il, n’aura pu apaiser la douleur de la famille et des amis. Quatre ans plus tard, l’absence de Mélé se fait toujours cruellement sentir. Et rares sont ceux qui s’autorisent à revenir sur ces moments d’un chagrin toujours là, persistant à chaque geste, en chaque mot.

2011    Auteur-réalisateur du film Frontière reconduite, documentaire (1h59 ou 1h30’). Dans l’Ouest de l’Afrique, des hommes prennent la route pour tenter ailleurs leur chance. Cet ailleurs, c’est bien souvent l’Europe, et plus encore la France. Or bon nombre d’entre eux ne réussissent pas, ou sont refoulés, et se voient contraints au retour. Frontière reconduite va à la rencontre de ceux qui ont tenté ce qu’ils appellent « l’aventure ». Il recueille leur parole et donne à entendre leur histoire.

2011    Auteur-réalisateur du film Escale Tringa Marena, documentaire (19’). Mamadou Bathily a passé sept années en France, où il aura travaillé, appris la langue et réussi à prendre en mains un bout de son aventure. Un bout seulement. Car il fait partie de ceux que la politique française aura jugés indésirables.

2010    Auteur-réalisateur du film Paris Baudelique, fiction, 26’. Baudelique Paris ou la brève histoire de deux personnages qui ne peuvent la nouer malgré le jeu des circonstances et la force des événements. Un film doublé de l’aventure qu’a été son tournage, avec les travailleurs sans-papiers de Baudelique de juillet 2009 à juin 2010. Où ce ne sont pas les acteurs qui jouent des personnages mais les personnages qui entrent dans le jeu des acteurs qu’ils deviennent.

2010    Auteur-réalisateur du film Le Voyage d’une femme tsigane, fiction, 18’ (paru dans l’ouvrage de Stefka Nicolova Stefanova La Vie d’une femme rom (tsigane), Pétra éditions.) Tout commence par un rendez-vous. Le pays traversé, ses cadres accumulés par la vitre d’un car pour rejoindre une gare. Stefka Stefanova Nikolova attend le train. Depuis combien de temps dans les murmures et les bruits du quartier qui, lui, ne la quitte pas.

2009    Auteur-réalisateur avec Stefka Stefanova Nicolova et Ruska Guencheva de l’improvisation filmée Derrière le mur (Zad Stenata), épisode 2, 40’, produit par tutti quanti films. Lieu tournage : Sliven (Bulgarie). Suite de l’épisode 1. Avril 2008, Ruska et Stefka tracent les contours d’un film à la frontière entre réel et fiction. Qu’en sera-t-il ? Le temps se déplie dans l’indétermination des jours et l’incertitude du lendemain. Pas à pas, dans l’épaisseur d’une durée toujours recommencée, les images déplient le quotidien de Baba Katia, de Bobche, Ruska, Nikolaï et Stefka, chacun aux prises avec leurs lignes de fuite.

2008    Auteur-réalisateur avec Stefka Stefanova Nicolova de l’improvisation filmée Derrière le mur (Zad Stenata), épisode 1, 62’, produit par tutti quanti films. Lieu tournage : Sliven (Bulgarie). Stefka, sa famille et ses amis vivent dans le ghetto tsigane Nadejda (« Espoir ») à la périphérie de Sliven, réputé pour la valeur de ses musiciens mais rejeté par les Bulgares. Exclus, atteints par une pauvreté grandissante, Stefka et les siens tiennent à parler de leur existence, passée et présente, avec l’espoir que quelqu’un les entende.

2007    Auteur-réalisateur du documentaire Profession cinéaste, produit par Athenaïse (Paris-France) et le CNPC (Bamako-Mali). [Musique : Nick Hodkins. Lieu tournage : Bamako.] Un mois passé au sein du CNPC (Centre national de production cinématographique) de Bamako avec les réalisateurs et les techniciens du cinéma malien. Les uns et les autres trompent l’attente au sein d’un lieu où celle-ci s’organise. L’histoire d’une longue patience. Ce film a obtenue la bourse Villa Medicis hors les murs.

2005    Auteur-réalisateur du documentaire Les Nuits dehors, 49’, produit par tutti quanti films (France) [Musique : Alain Hobé. Lieu tournage : Bamako.] Une cour, un carrefour, quelque part dans le monde. Un lieu de vie entre la maison et la rue. À la fois dehors et dedans. Le regard mélancolique sur les temps qui passent : celui du film et celui qui est filmé.

2004    Auteur-réalisateur du documentaire Jour pour jours, 52’, produit par Les Films Sauvages (Paris-France). [Musique : Alain Hobé. Lieu tournage : Paris/Bamako]. Entre Paris et Bamako, Salim Doumbia, dit « Toto », est un jeune Malien de 26 ans qui tente de trouver sa place dans la société française d’aujourd’hui. Un témoignage sans concession.

2002    Auteur-réalisateur du documentaire Enfance commune, 52’, produit par Grenade Production (France), en co-production avec Cités Télévision (France) ) [Musique : Alain Hobé. Lieu tournage : France.] Que sont devenus les enfants des soixante-huitards ?L’auteur, marqué par le revirement de ses parents dans les années 1980, part à la rencontre de personnes dont l’enfance a été, d’une manière ou d’une autre, marquée par mai 68.

2002    Auteur-réalisateur du documentaire Contretemps, 52’, en co-réalisation avec Ludwig Trovato, produit par Pages & Images (France), en co-production avec Promarte (Mozambique). [Musique : Alain Hobé. Lieu tournage : Maputo.] Les aléas d’une rencontre entre deux troupes de danse, l’une française l’autre mozambicaine. Les enjeux des relations entretenues par des chorégraphes (Augusto Cuvilas, Maria-Helena Pinto et Didier Théron) aux aspirations antagonistes. L’envers du décor d’un événement artistique. Ses attentes déçues, ses malentendus, et les espoirs qui naissent malgré tout.

2000    Auteur-réalisateur du court-métrage (fiction) Un jour comme les autres, 4’, en co-réalisation avec N. Auger, produit par Orphée Production (premier rôle : Popeck). Premier prix du concours « Histoires à tourner » (mairie de Sète).

 

 

Liens et contact

Site des films : http://www.tutti-quanti-films.fr/

Email : cecile.canut@parisdescartes.fr

Toutes les publications sur : https://univ-paris5.academia.edu/CECILECANUT

Quelques films en accès libre sur : https://vimeo.com/tuttiquantifilms

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