Colloque - Image, trace ou regard, 19 Octobre EHESS copia 2.jpg

Argumentaire

Comment la photographie peut-elle être engagée pour étudier le  social ? Afin de traiter cette question, ce colloque invite à la fois des chercheurs en sciences sociales et des photographes à discuter autour d’un axe commun : le statut de la photographie dans la production des savoirs.

Pour cela nous proposons une exploration des différentes approches, démarches et acteurs qui utilisent la photographie comme un moyen d’enquête et d’expression. De la photographie documentaire à la photographie contemporaine, nous souhaitons explorer les applications pratiques de l’image dans le cadre d’expériences photographiques concrètes, y compris au-delà du monde de la recherche.

Nous nous intéressons à la manière dont la photographie est utilisée non seulement en tant qu’outil, mais également en tant qu’objet sans la restreindre à sa dimension indicielle. En nous attachant à l’analyse des processus de construction des récits photographiques, nous envisageons une discussion autour du potentiel heuristique de la photographie dans l’étude des phénomènes sociaux. Dans ce cadre, plusieurs éléments attirent notre attention : la mise en perspective du caractère documentaire des photographies du monde social ; le rapport entre photographie et image ; la place de la fiction dans une enquête photographique ; les modalités de partage et de diffusion des récits ; la place des choix esthétiques dans la construction d’une narration documentaire ; le rapport entre narration, « image performée » (Poivert, 2015) et étude du social ; enfin, les formes d’engagement que sollicite la production photographique lorsqu’elle s’articule à une enquête sociale.

Trois notions visent à structurer la discussion tout au long de cette rencontre.

 La première est la photographie comme trace, c’est-à-dire une représentation visuelle qui garde une continuité, une relation indicielle avec l’objet qu’elle désigne (i.e. Krauss, Barthes). Comment les photographes se positionnent-t-ils par rapport à ce « régime de vérité » (Gunthert, 2015) imposé par le statut de la photographie en tant qu’empreinte ou preuve d’une réalité sociale ? La photographie est-elle par définition une extension du réel ? Si oui, jusqu’où va cette extension, cette part de vérité ?

La deuxième, les images entendues comme « toutes ces productions iconographiques, des plus triviales au plus sophistiquées, qui nous entourent, que nous consommons malgré nous » (Poivert, 2015). Dans ce cadre, nous nous intéressons à la depiction, à la manière dont l’image a été construite et « performée » pour produire des récits sur le monde social. Quelles sont les différentes stratégies narratives mises en place par les photographes dans la création des images du social ?

La troisième, le regard, fait référence aux actions, aux manières de considérer, d'examiner, de choisir et de restreindre ce qu’on voit et ce qu’on laisse voir en vue d’une compréhension. Dans ce sens le regard est nécessairement porteur d’une interprétation et d’un discours constitutif de la chose qu’elle désigne. Comment les photographes construisent-ils alors leur interprétation du réel en vue de produire un savoir ? De quelle manière les photographes articulent cette double dimension de la photographie, à la fois comme objet et comme acteur d’un façonnement du regard ?

 Comment s’engager dans le monde social en photographiant

En conclusions, nous voulons faire dialoguer les participant-e-s à cette journée autour des images, des récits et des témoignages des invités. Les photographes invités s’appuieront largement sur leurs travaux réalisés ou en cours pour aborder les trois axes de ce colloque.

 

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EHESS
105 Boulevard Raspail
75006, Paris
Métro :Sévres-Babylone (10/12), Saint Placide (4)
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